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 me llaman calle ...

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Satine
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MessageSujet: me llaman calle ...   Sam 27 Juin 2009, 11:00

cette rue ....
où des prostituées languissantes se vendaient mal sur le trottoir sale, il faisait si chaud…

Elles dodelinaient l’importance de leurs postérieurs en faisant des huit prometteurs et elles s’inventaient des nouvelles poses lascives, attractives, les mêmes que tout à l’heure, les mêmes que demain…

Elles arpentaient leur bout de bitume brûlant, bravant les badauds badins bavant.
C’était une fringante forme lente de procession méticuleuse et organisée jusqu’aux limites de leurs frontières sournoises et elles repartaient, provocantes, en arrière ou en avant pour tromper l’ennui et les heures.

Elles se démarquaient les unes des autres à coups de crayons trop appuyés sur leurs yeux fatigués, à coups de rouges à lèvres outranciers sur leurs lèvres menteuses et expertes.
Les sacs à main bigarrés, posés au bout de leurs bras nus, s’ennuyaient aussi de cette promenade sans allant. Ils oscillaient avec les ondulations de ces corps offerts sans partance, en attente de quelques billets et de quelques pièces.

Elles rivalisaient encore avec la justesse de leurs jupes si courtes, leurs pantalons moulant si serrés, leurs débardeurs débordants et opulents pour friser l’outrance costumière de leur métier coutumier, bannissant les usages et les rumeurs, les grossièretés et les quolibets moqueurs des obsédés pressés et railleurs.

Montées sur leurs talons trop pointus, elles musclaient leurs jambes pour fabriquer des formes attirantes sur leurs cuisses maillées de bas.
Elles se parlaient encore pour comparer leur mauvaise fortune, pour tuer l’ennui et s’offrir quelques instants le droit de ne plus penser.

Quand un chaud chaland chercheur s’aventurait dans leur périmètre vital, il était happé par ces racoleuses habiles, ces marchandes de bonheur facile et il savait apprécier, en connaisseur, toutes les qualités étalées de l’une et de l’autre mais il devait vite se décider pour ne pas subir les foudres des laissées pour compte, déçues.
Les vaincues, amères, le regardaient avec l’air de lui faire comprendre tout ce à quoi il ne connaîtrait jamais avec un énorme dédain dans leurs regards de perdantes.
Et la gagneuse choisie disparaissait sous un porche borgne en calculant son futur et en faisant claquer ses chaussures pointilleuses.

C’était un grand cinéma en plein air, vicié, et toutes ces actrices, sans réel talent mais aux mille charmes aiguisés, réchauffaient les planches en attente de leur représentation sans un seul héros. Vendre son corps à l’inconnu, c’était atteindre l’ultime bout de sa souffrance, c’était accepter l’outrance féroce en fermant les yeux avec des soupirs convenus sans âme, ces mensonges déshumanisés. C’était recompter les toiles d’araignées poussiéreuses sur le plafond en faisant rêver le besogneux.
Elles faisaient leur travail avec leurs armes de séduction massive.

Soudain, dans un bar proche, une guitare s’était allumée, puis une autre, puis une troisième. Avec un rythme accrocheur, enjoué, des applaudissements pétaradants à la mesure cadencée d’une chanson heureuse, avec un refrain de printemps de fleurs sans épine à chaque phrase chantée, les gens blasés s’étaient approchés de cet hymne régénérant.
L’atmosphère avait changé et l’électricité dans l’air avait allumé les sourires autour des tables et des verres. C’était flagrant.

Même la patronne versait sa bière bouillonnante, avec un rire édenté mais amusé, dans les chopes vidées du comptoir zingué.

L’ambiance surnaturelle s’était fait magique et les ondulations des corps affriolants remarquaient la musique entraînante, c’était une bouffée d’air frais dans la rue surchauffée.
L’unisson existait entre tous ces êtres et c’était palpable.

On chantait et on dansait ici.

Le bonheur s’était posé, comme une cigale craintive, pendant ces quelques instants improvisés et il faisait des visages de joie à ces filles, sans tricherie aucune.

C’était un moment merveilleux avec cette impression intense d’appartenir au tableau avec la même peinture pour rester collé dans le vernis avec tous ces souvenirs nouveaux et inoubliables.

Des prostituées, redevenues femmes, avaient entamé quelques pas de danse, pleines de grâce, avec les bras au ciel pour faire, de leurs corps, des lianes éprises de liberté du vrai soleil. Et leurs cheveux repeignés se balançaient dans le vent chahuté des instruments affolants.
Des grands sourires illuminaient leurs portraits et le fard se faisait le masque de cette danse sauvage apprivoisée.

Les accords déferlaient en harmonie jusqu’aux frissons conquis des spectateurs de passage et des habitués trinquant cette bouffée d’air frais.

Comme les meilleures choses ont aussi une fin, la chanson s’est tue au bout de ces doigts tellement habiles et les maquillages experts sont revenus se poser sur les figures de ces professionnelles mais tout le monde avait encore, dans son cœur battant et dans son corps défendant, ces chaudes vibrations heureuses en communion presque solennelle.

Il semblait que les néons blancs et rouges clignotant de l’enseigne pendue rythmaient encore ce plaisir éphémère éternel.

Puis la rumeur du bar s’était réappropriée les lieux et les bouteilles se heurtaient sans complaisance dans l’ivresse et la sueur de ce début de soirée sans vraies caresses.

Les travailleuses étaient reparties au labeur et les klaxons de la rue avaient réveillé la moiteur revenue.

(
un texte ecrit par un ami ou quand Satine devient Muse
:lim:
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MessageSujet: Re: me llaman calle ...   Sam 27 Juin 2009, 15:27

Satine a écrit:
un texte ecrit par un ami ou quand Satine devient Muse :lim:

C'est toi qui à inspiré ce texte à l'auteur ???

En tous cas c'est très bien écrit !!!
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Satine
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MessageSujet: Re: me llaman calle ...   Dim 28 Juin 2009, 14:47

je lui ai fait connaitre la chanson de Manu chao "me llaman calle" il a vu la vidéo du clip et il a ecrit ça ... merci bleck
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Bleck
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MessageSujet: Re: me llaman calle ...   Dim 28 Juin 2009, 15:55

J'ai regardé le clip sur le net, et le texte décrit bien la situation.

Dans un autre style, je verrais bien ce texte en musique dans le style Bernard LAVILLIER.
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