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 Jean-François Deniau a pris la mer ...

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Izoux
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MessageSujet: Jean-François Deniau a pris la mer ...   Jeu 25 Jan 2007, 05:58




«Amateur, cela veut dire «qui aime», et c'est bien de cela qu'il s'agit. J'aime la mer et j'aime être en mer. J'aime partir, larguer l'amarre et passer les feux ; j'aime naviguer, voir le vent tourner, [i]la brise adonner, le ciel changer, la mer se former et se déformer ; j'aime le bouillon chaud dans le thermos au pied du barreur et l'étoile qu'on prend un temps pour cap la nuit entre hauban et galhauban ; j'aime quitter une côte en vue, et, après un jour, huit jours, un mois, en voir apparaître une autre, qu'on attendait ; j'aime arriver, entrer, mouiller, et quand tout est en place, fixé, tourné, amarré, ferlé, rabanté, être à terre. Je suis un amateur.»

Jean-Grançois Deniau est mort hier le 24 janvier et je n'étais pas loin de le croire éternel tant il semblait doué pour maintenir la grande faucheuse à distance.

Le destin de cet homme est extraordinaire tant dans sa vie professionnelle que personnelle et toujours cet humanisme d'une élégance discréte.


Son père, polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, est issu d’une famille de viticulteurs et de forestiers, établie en Sologne depuis plus de quatre siècles. Son trisaïeul maternel est né à Dubrovnik et fut l'aide de camp du maréchal Marmont.

Jean-François Deniau étudia au lycée Pasteur à Neuilly, puis à l'École Sainte-Geneviève à Versailles. Plus tard il fait ses études à Paris. Deux fois lauréat du Concours général, diplômé d'un DES. d’économie politique, licencié ès lettres (ethnologie et sociologie), docteur en droit, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, il part en 1949 pour l’Indochine où il sert dans une unité de partisans montagnards et passe avec succès l’écrit de l’ENA à Saigon.

Entré à l'ENA, en 1950, il passe un an dans le cadre de ses études en Allemagne, à Bonn, auprès de l'ambassadeur de France André François-Poncet. A peine âgé de 27 ans, il participe à l'élaboration du traité de Rome dont il rédige le préambule.

En 1952, il entre dans l'Inspection des Finances.

En 1955, responsable des négociations européennes, il rédige le préambule du traité de Rome, le seul texte international où il y ait le mot «idéal».

Conseiller technique au cabinet du président du Conseil, il devient celui du ministre de l'Industrie en 1957.

En 1958, il est directeur des Relations extérieures de la Commission européenne à Bruxelles.

En 1963, il est nommé ambassadeur de France en Mauritanie, par le Général De Gaulle, puis en 1967 devient membre de la Commission des Communautés européennes, chargé des négociations d'adhésion (Grande-Bretagne, Irlande, Danemark) et de l'aide aux pays en voie de développement.

En 1973, il entre dans le gouvernement de Pierre Messmer, en tant que secrétaire d'État, chargé de la Coopération, puis est nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'agriculture et du développement rural (Jacques Chirac).

En 1976, J.F. Deniau est nommé ambassadeur de France à Madrid par le président Valéry Giscard d'Estaing. Deniau est depuis longtemps un ami personnel du nouveau roi Juan Carlos et c'est à la demande de celui-ci qu'il a été nommé ambassadeur en Espagne. Deniau jouera un rôle actif de conseil auprès du roi et du président du gouvernement lors des débuts de la transition démocratique.

En septembre 1977, Deniau est nommé Secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement de Raymond Barre puis ministre du Commerce extérieur.

En 1978, il est élu député (UDF) dans la première circonscription du Cher avec 51,95% contre 48,05% à Jacques Rimbault (maire PCF de Bourges).

En 1979, il est élu dans le canton de Bourges IV. Il devient vice-président du conseil général du Cher, un poste qui le propulse vers la présidence en 1981.



Ici commençent ce qu'il appelait lui-même "ses autres vies".

Depuis 1978, Jean-François Deniau souffre d'un cancer du poumon et cette mort qui se tapie dans sa poitrine change sa vie.

En juin 1981, Jacques Rimbault prend sa revanche aux élections législatives et est élu avec 52% des suffrages contre 48% à Jean François Deniau.

En 1982, il crée à Strasbourg le prix « Sakharov pour la liberté de l'esprit ».



Son combat pour les Droits de l'Homme et pour les peuples victimes de dictature ou d'occupation étrangère vont le conduire à mener des missions aux quatre coins du monde (Érythrée, Cambodge, Afghanistan, Kurdistan, Somalie, ex-Yougoslavie, Liban, boat people en Chine, Afrique du Sud, Espagne, URSS, Inde, Roumanie, Sarajevo…).

En 1986, Jean-François Deniau est réélu député du Cher, confirmé à chaque élection suivante en 1988 et 1993.




Il entre à l'Académie française le 11 avril 1992 au fauteuil 36, occupé auparavant par Jacques Soustelle.


«Dans une épée d'académicien, il y a toujours des signes. Elle ne sert pas à pourfendre ses confrères, à se protéger des critiques. Non,c'est un objet symbolique.
La lame est celle de mon épée d'ambassadeur à Madrid. J'y tenais car je suis très heureux d'avoir pu accomplir cette mission en Espagne auprès du roi au moment difficile et important pour nous tous qu'on appelle la transition démocratique.
A la base de la poignée, il y a un petit cabochon sur lequel sont gravées deux ancres entrecroisées. C'est ce que les équipages portent sur l'épaule.
Pour la garde, j'ai souhaité que figure le symbole de la liberté ; Quel est-il ? Nous avons pensé à un oiseau et à un bateau. Le résultat,c'est une aile qui finit comme une proue de drakkar.
La nacre de la poignée, c'est celle de mon épée d'ambassadeur. Elle rappelle de nouveau la mer. Sur les deux côtés, ce sont des feuilles de chêne. Pour moi, elles signifient l'enracinement dans ma région, le Cher et le Loir-et-Cher.
Au sommet du pommeau, il y a une demi sphère en pierre d'Afghanistan. C'est un lapis-lazuli, très sombre, comme la nuit où j'aime beaucoup naviguer.»

Journaliste – chroniqueur au Figaro et éditorialiste à l'hebdomadaire L'Express, Jean François Deniau écrit beaucoup et s'investit toujours autant dans les causes extérieures notamment en Afghanistan où il soutient le commandant Massoud. Malade, il porte souvent une minerve dans ces années-là et ne se déplace plus qu'avec une canne.



En 1995, après un triple pontage, âgé de 67 ans, il effectue une traversée de l'Atlantique à la voile.

Progressivement, bien qu'il préside encore le conseil général du Cher, il se désengage de la vie politique française.

En 1997, les divisions de la droite qui ont participé à la perte de son siège de député l'ont conduit à renoncer définitivement à la vie politique française, il doit aussi subir trois endoprothèses de l'aorte.

En 1999, il est élu à l'Académie de Marine, en remplacement d'Éric Tabarly.

En 2003, il fonde le groupe des « Écrivains de Marine ».

En 2004, il reçoit le Grand Prix de la Mer pour son action de président-fondateur des «Écrivains de Marine».

Fin 2006, il est nommé membre du comité d'honneur du traité de Rome qu'il a contribué à négocier aux côtés de Maurice Faure et de Jean François-Poncet. Il assistera avec ferveur à la première réunion de ce comité.

Il meurt le 24 janvier 2007 à son domicile parisien, rongé par son cancer du poumon à l'âge de 78 ans.


«Que signifie l'expression «maintenir la paix» dans un pays en guerre ? Rien d'autre que le mensonge et l'hypocrisie.

Je ne compte plus mes voyages à Sarajevo. Ni le nombre de fois où je me suis trouvé sous les bombardements, au milieu de populations en détresse. L'expérience m'a appris que l'on doit pouvoir empêcher un certain nombre de guerres si l'on se montre suffisamment décidé et si l'on s'y prend assez tôt.

Pour cela il faut oser faire confiance aux «amateurs», à ceux qui vont sur le terrain.

Dans ce monde dépourvu de tout code et de tout gendarme, où l'ONU se contente trop souvent de compter les cadavres sans oser distinguer ce qui différencie le bien du mal, les passionnés et les amateurs peuvent jouer un rôle décisif.

Si j'agis souvent ainsi, ce n'est pas par manque de professionnalisme. C'est avant tout parce que j'aime la paix et la démocratie. L'une, en effet, ne va pas sans l'autre.»

"Maison. On peut dire aussi demeure. Ce qui veut dire ce qui reste. Les vieux murs, les vieux arbres et le feu dans la grande cheminée.
L'homme est un voyageur et je suis un voyageur entre les voyageurs.
J'aime ce qui reste, qui m'attend et que j'espère."

«Tous les terrains d'opération du «tiers-monde instable», je les ai pratiqués. Les nuits dans la boue, la sable, la neige, je les ai vécues. Et les heures avant l'attaque, et les marches forcées, et la fatigue la faim, la peur.
Parfois seulement l'attente, la tristesse, la poussière des jours. Et pourtant rien, jamais rien n'est inutile.»




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